Malika Lahnait, avocate au Barreau de ParisLe but de ce débat organisé par Malika Lahnait, avocate au Barreau de Paris était d’inviter les participants à réfléchir autour de la question « L’Obligation de sécurité incombant aux voyagistes : état des lieux ou état d’alerte ? »

Le métier  de voyagiste est de plus en plus difficile à exercer compte tenu de la prolifération des risques : sécuritaires tout d'abord (émeutes récentes en Thailande, touristes enlevés ...), sanitaires (les fameuses grippes), climatiques (zones cycloniques, nuage de cendres ...).

Les Tribunaux n'en imposent pas moins au vendeur de voyages de communiquer à son client une information loyale et complète à ce sujet, afin que le client puisse en toute connaissance de cause décider de se rendre ou non dans la destination. A défaut, l'opérateur risque de voir sa responsabilité civile, voire pénale engagée. De plus, si le risque était prévisible, la force majeure pourrait être écartée. Il s'agit donc d'une thématique sensible.
Le débat a été volontairement focalisé sur le risque sécuritaire puisqu’en la matière, en sus de la responsabilité de plein droit envers les clients, la loi Kouchner a introduit dernièrement une responsabilité des voyagistes envers l’Etat. La sécurité est donc devenue la préoccupation majeure de tous les acteurs du tourisme.

Dans un contexte de mondialisation, Eric DENECE recommande aux professionnels du tourisme d’adopter une vision globale du marché. Il dresse un état des lieux sans appel : le monde d’aujourd’hui semble bien plus sûr qu’auparavant car il n’y a plus de guerres mais il n’en demeure pas moins dangereux car les menaces sont d’un autre type. En somme, le micro-risque est présent partout.

Selon Eric Denécé, de nos jours, en termes de sécurité, les deux principales menaces sont :
•    le développement de la criminalité qui concerne l’ensemble de la planète (7% de l’économie mondiale est financée par l’argent « sale »),
•    ainsi que le terrorisme qui, à l’inverse, est davantage limité à certaines régions du monde (60 pays du Tiers-Monde sont directement concernés).

Comme l’explique Eric Denécé, le terrorisme est concentré principalement dans les pays arabo-musulmans. Très généralement, il se nourrit des frustrations issues du colonialisme. L’élite au pouvoir n’étant souvent pas démocratiquement élue, des frustrations liées notamment à une mauvaise redistribution des richesses se créent. La propagande anti-occidentale qui sévit auprès de ces populations  encore influencées par l’oppression du colonialisme s’accentue.
Les touristes se  révèlent une cible privilégiée pour les terroristes. Le tourisme participe en effet largement à la création du pouvoir économique en Occident et dans les pays d’accueil, dont il est souvent la première source de devises. Les actions terroristes ont pour but de déstabiliser l’économie de ces pays dans le but de provoquer une crise économique prélude à un changement de régime politique.
Le tourisme est une industrie qui repose sur l’affect, les émotions et la psychologie. Ainsi, les attentats, bien qu’ils se concentrent sur une région précise du monde, sont très médiatisés et prennent donc une ampleur considérable. Ils sèment ainsi la panique dans l’esprit du touriste, freinant ses envies de voyages. D’ailleurs, d’autres acteurs tels que le voyageur d’affaires, les expatriés, ou encore les ONG sont eux aussi concernés par ces menaces terroristes.

Dès lors, comment continuer à vendre du rêve et de l’insouciance dans un contexte pareil ?


Retrouvez les avis et conseils ainsi que l'intégralité du Compte-rendu

L'obligation de sécurité incombant aux voyagises

Publié: 12/07/2010 04:58  par  Challenge Tourisme | avec  0 commentaire(s)
Classé sous : agences de voyagesdroit du tourismesécurité et risque

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